La ville qui pardonne
Observation et protection des usagers vulnérables

Travaux de recherche soutenus par la Fédération MIDOC

Mieux comprendre les situations à risque pour mieux protéger

Les usagers vulnérables – piétons, enfants, jeunes ou usagers de micromobilité – sont particulièrement exposés aux risques en milieu urbain, notamment dans les espaces partagés et lors d’interactions avec des véhicules ou des systèmes automatisés. Comprendre leurs comportements, leurs perceptions et les situations dans lesquelles le risque émerge est un préalable indispensable pour améliorer la sécurité et concevoir des villes plus protectrices.

Les travaux menés dans cet axe partent des usages réels pour analyser les situations de vulnérabilité et les interactions entre usagers et environnements urbains. Ils s’appuient sur des études de terrain, des analyses comportementales et des dispositifs expérimentaux afin de produire des connaissances utiles à la prévention, à la conception de solutions de protection et à l’accompagnement des politiques publiques en faveur d’une mobilité plus sûre.

Thèse – CrossKid : aide à l’adoption de compétences et connaissances nécessaires à une adaptation correcte de l’enfant à la situation de piéton dans un environnement urbain

👤 Doctorante : Camille Gramaje

👨‍🏫 Direction de thèse : Aurélie Simoës-Perlant (CLLE)

👨‍🏫 Co-encadrement : Céline Lemercier (CLLE), Guillaume Saint Pierre (Cerema)

🎓 Ecole doctorale : CLESCO – Comportement, Langage, Education, Socialisation, Cognition

💵 Financements : Défi Clé MIDOC & Projet VILAGIL

🗓️ Période : Septembre 2024 – Aout 2027

La thèse

La thèse CrossKid a pour objectif d’améliorer la sécurité routière des enfants piétons âgés de 9 à 14 ans dans les environnements urbains, où ils représentent une part importante des victimes d’accidents. Environ 500 piétons, dont de nombreux enfants, sont blessés ou tués chaque année sur les routes. Cette recherche se concentre sur deux axes principaux : l’analyse des facteurs de risque liés aux comportements des jeunes piétons et à leur environnement et la création d’un dispositif de sensibilisation innovant.

La thèse de Camille comprendra une étude épidémiologique pour identifier les circonstances des accidents et une exploration des comportements des enfants dans des contextes urbains. Des scénarios d’accidents représentatifs seront intégrés dans un circuit de réalité virtuelle, offrant une expérience immersive. CrossKid proposera également des jeux sérieux visant à enseigner des compétences essentielles pour naviguer en toute sécurité dans la ville. Cette recherche vise à développer des infrastructures urbaines plus sécurisées et à améliorer la formation des jeunes à la sécurité routière.

Portrait de Camille

Tout droit sortie d’un Master en Sciences Cognitives Fondamentales et Appliquées à Lyon, Camille décide de se lancer dans le projet CrossKid. Ce projet mêlant des notions comme le développement cognitif des enfants, la sécurité routière ou encore la réalité virtuelle sont des notions chères aux yeux de Camille.

A la suite de ces 3 années de doctorat, Camille aura acquis des compétences pionnières pour accéder un jour à son rêve ultime : devenir enseignante-chercheuse.

Thèse SIM-Scoot : Comprendre et prévenir les risques chez les usagers d’EDPM (trottinettes électriques et autres engins de déplacement personnel motorisés)

👤 Doctorant : Rémi Hoarau

👨‍🏫 Direction de thèse : Céline Lemercier (CLLE)

👨‍🏫 Co-encadrement : Philippe Truillet (IRIT)

🎓 Ecole doctorale : CLESCO – Comportement, Langage, Education, Socialisation, Cognition

💵 Financements : Défi Clé MIDOC & Projet VILAGIL

🗓️ Période : Septembre 2024 – Aout 2027

La thèse

Les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), tels que les trottinettes électriques, connaissent un essor massif en milieu urbain. Cependant, leur utilisation est associée à un risque accru d’accidents, souvent lié à une mauvaise évaluation des dangers par les usagers.

Cette thèse adopte l’approche de la psychologie cognitive pour analyser comment les usagers perçoivent et évaluent les risques en situation réelle de conduite d’EDPM. Elle explore les mécanismes cognitifs impliqués dans la perception, la détection des dangers et la calibration de la confiance en son jugement, en tenant compte de facteurs comme le comportement propre de l’usager (vitesse, alcool, distraction) et l’environnement (densité du trafic, infrastructures, etc.).

Deux grands volets structurent le travail :

Perception du risque : une analyse des asymétries et biais cognitifs dans l’évaluation des dangers, en distinguant les risques liés au comportement individuel et ceux issus de l’environnement. Cette base théorique permet de mieux comprendre pourquoi certains dangers sont sous-estimés ou mal anticipés et de faire un bilan général de l’hétérogénéité dans la perception des risques chez les individus.

Prévention : le développement et l’évaluation d’un outil de prévention innovant, basé sur une méthode immersive (simulateur), comparé aux approches traditionnelles (documents éducatifs, messages de sécurité). L’objectif est de proposer des actions de prévention plus efficaces, ciblées et adaptées aux spécificités cognitives des usagers d’EDPM.

En combinant modélisation cognitive, mesures comportementales et expérimentation, cette thèse vise à nourrir des stratégies de prévention concrètes pour améliorer la sécurité des usagers d’EDPM et réduire les accidents dans les espaces urbains partagés.

Portrait de Rémi

Rémi Hoarau, 23 ans, est un passionné de psychologie cognitive et des sciences comportementales au profil pluridisciplinaire.

Après une licence en psychologie à l’Université Toulouse Jean Jaurès, il a poursuivi un master en Economics & Psychology aux universités Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Paris-Cité, avec un mémoire sur l’interaction Homme-IA.

Fasciné par les nouvelles technologies et nos interactions avec elles, il se consacre désormais à concevoir et évaluer un simulateur pour la prévention des risques liés aux nouveaux modes de transport, notamment les EDPM, et aspire à une carrière académique.

Stage – PIED : Perception des PIEtons par les Droïdes autonomes

👤 Stagiaire : Ines Charles

👨‍🏫 Chercheurs associés : Sylvie Chambon (Irit), Alain Crouzil (Irit),

🏢 Entreprise impliquée : Soben / TwinswHeel

🧩 Projet connexe : LabCom DRiOC – Droïdes en Occitanie

🗓️ Période : Avril 2025 – Septembre 2025

Contexte / Missions

Dans un environnement urbain dense, les droïdes de livraison autonomes doivent être capables de détecter et d’anticiper les mouvements des piétons pour naviguer en toute sécurité. Ce stage est en lien avec les travaux de recherche qui associe l’IRIT et la société SOBEN, pionnière dans le développement de droïdes mobiles autonomes via sa marque TwinswHeel, dans le cadre du laboratoire commun DRiOC. L’objectif est d’améliorer la perception de l’environnement des robots grâce à des algorithmes de vision par ordinateur exploitant les images captées par leurs caméras embarquées.

Le travail portera sur plusieurs aspects clés : détection du squelette humain, suivi des piétons, prédiction de trajectoires et réidentification des individus. Après une étude des solutions existantes, il s’agira d’évaluer les approches les plus adaptées aux contraintes spécifiques des droïdes, puis d’expérimenter et d’optimiser ces méthodes.

Portrait d’Ines

Ines est étudiante en dernière année d’école d’Ingénieur à l’ENSEEIHT parcours Sciences du Numérique. Elle se spécialise dans l’analyse et dans le traitement de contenus multimédias, et plus particulièrement en lien avec les thématiques liées à la vision par ordinateur.

Le monde de la recherche la fascine, et c’est donc dans le monde académique qu’elle envisage une poursuite de carrière. Plusieurs stages de recherche l’ont d’ailleurs confortée dans cette optique.

Stage – MICRO-PED : Analyse et modélisation des interactions piétons-micromobilité dans les espaces partagés

👤 Stagiaire : Safia El Khoumsi

👨‍🏫 Chercheurs associés : Josué Rivera (Cerema) et Manon Prédhumeau (IRIT)

🗓️ Période : Mars 2026 – Aout 2026

Contexte / Missions

La cohabitation entre piétons, cyclistes et usagers de trottinettes s’intensifie, dans les villes la mobilité douce occupe désormais une place centrale. Ces nouveaux usages font apparaître de nombreuses interactions dans des espaces souvent partagés et parfois étroits, avec des situations de quasi-accidents bien plus fréquentes que les collisions réelles. Comprendre comment ces interactions se forment, dans quelles configurations urbaines elles deviennent risquées, et quels comportements les déclenchent est aujourd’hui essentiel pour concevoir des aménagements plus sûrs. C’est en cohérence avec l’objectif européen “Vision Zéro”, qui veut réduire autant que possible les accidents graves en milieu urbain.

Le stage cherche à analyser ces interactions en s’appuyant sur des jeux de données de trajectoires réelles et sur des outils de modélisation basés agents. Le travail va consister à identifier et caractériser les situations de conflit à partir de données publiques, puis à développer des modèles permettant de simuler les comportements de piétons et de deux-roues légers dans des environnements urbains partagés. Ces modèles seront intégrés dans la plateforme SPACiSS afin de reproduire des scènes typiques et d’évaluer l’effet des configurations d’infrastructure. Les résultats contribueront à formuler des recommandations pour des villes plus sûres et mieux adaptées aux modes actifs.

Profil de Safia

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